” Je suis Cela “, ” Je suis Lui “, ” Je suis le Bienheureux”…
Voilà l’une des formulations de l’ultime Vérité selon les penseurs védantiques monistes, tels que Swâmi VIVEKANANDA, lequel d’ailleurs n’avait de cesse de la soutenir, ainsi qu’en témoignent les nombreuses conférences qu’il donna en Europe et aux Etats-Unis à la fin du XIXème siècle, et qui ont notamment été receuillies et compilées dans un ouvrage intitulé Jnâna Yoga (Je tiens d’ailleurs à ce propos à remercier vivement Romook Ier de m’avoir fait découvrir le yogi VIVEKANANDA et son oeuvre, Romook Ier qui, s’il me lit et opère un rapprochement avec le commentaire que je lui ai laissé au sujet du ” Pornographie ” de Witold GOMBROWICZ, pourra alors se targuer, en toute légitimité et bien malgré moi, d’avoir fait mon éducation culturelle).
Lors d’une de ces conférences, et afin d’illustrer son propos, il raconta cette histoire : un hommme vivait dans une forêt et répétait jour et nuit ” Je suis le Bienheureux ” (shivoham). Un jour un tigre se jeta sur lui et l’emporta pour le dévorer ; des gens qui étaient séparés de lui par un fleuve, virent la scène ; ils l’entendirent qui continuait à répéter, tant qu’ili lui restait du souffle : shivoham“, même dans la gueule du tigre.
Si mon néo-cortex comprend l’enseignement que contient ce récit, je doute que mon mammifère, qui, même si j’en conviens, est séduit pour partie par cette morale, l’épouse en totalité…
Peut-être ne je suis pas encore prêt (mais qui est ” je ” ?)… Sans doute, ne le serais-je jamais…
Bref, je crains que le jour où un Rottweiler me trouve à son goût, mes cerveaux mammifères et reptiliens ne s’entendent (et selon la théorie de Paul McLean, ils s’entendent effectivement, en tout cas plus qu’ils n’écoutent leur comparse ” intellectuel) pour mettre en application pratique cet autre enseignement que la tradition prête au Roi de France Louis XVI, lors du célèbre épisode de Varennes, et auquel elle donne la formulation suivante : ” Courage, fuyons ! “.