Archive pour février 2009

L’ Orang outan, ce frère qui souffre tant…

Lundi 23 février 2009

Ca faisait déjà un bon moment que je voulais publier un billet consacré à mes p’tits chouchous : les orang outan.

Comme j’ai enfin trouvé un p’tit scénar’ me permettant de mettre en scène un orang outan dans son cadre naturel, j’me suis dit que c’était l’occasion de présenter quelques travaux réalisés sur le sujet.

Je ne sais pas d’où vient mon attachement et depuis quand ça remonte. Du plus loin que je me souvienne, je crois que j’ai toujours été subjugué par le visage du mâle dominant.

Mais je me suis devenu vraiment fana de l’orang outan après la lecture d’une légende indonésienne, la Princesse Pourbasari - on peut la retrouver dans la collection des contes - naguère - publiée par les éditions Gründ.

J’ai eu la chance de les voir évoluer dans leur milieu naturel (la jungle tropicale du sud-est asiatique) ; ça restera pour moi un moment merveilleux, empli de magie - souvent, j’ai envie d’en parler comme d’une expérience d’ordre mystique, et à croire l’ouvrage Souvenirs d’Eden de la célèbre primatologue Biruté GALDIKAS, ça n’aurait rien d’étonnant.

Malheureusement, notre civilisation engagée dans la voie du désenchantement, de la désincarnation, détruit, plus ou moins consciemment, tout ce qui est ou évoque le vivant ; dont un de ces plus beaux représentants : l’Orang outan.

Si vous voulez en savoir plus sur cet être magnifique - et l’aider - je vous invite à visiter le site de l’organisation de Biruté GALDIKAS : http://www.orangutan.org/

La pluralité des points de vue (III)

Lundi 9 février 2009

Ce conte ancien, attribué tantôt à la mystique soufie, tantôt à la tradition indienne (hindouiste ou bouddhiste), est connu sous plusieurs versions, la plus connue étant sans doute celle, datant du XIXème siècle, du poète américain John GODFREY SAXE, dont je vous propose la traduction suivante :

Six hommes d’Hindoustan, très enclins à parfaire leurs connaissances, allèrent voir un éléphant (bien que tous fussent aveugles) afin que chacun, en l’observant, puisse satisfaire sa curiosité.

Le premier s’approcha de l’éléphant et perdant pied, alla buter contre son flanc large et robuste. Il s’exclama aussitôt : « Mon Dieu ! Mais l’éléphant ressemble beaucoup à un mur ! »

Le second, palpant une défense, s’écria : « Ho ! qu’est-ce que cet objet si rond, si lisse et si pointu ? Il ne fait aucun doute que cet éléphant extraordinaire ressemble beaucoup à une lance ! »

Le troisième s’avança vers l’éléphant et, saisissant par inadvertance la trompe qui se tortillait, s’écria sans hésitation : « Je vois que l’éléphant ressemble beaucoup à un serpent ! »

Le quatrième, de sa main fébrile, se mit à palper le genou. « De toute évidence, dit-il, cet animal fabuleux ressemble à un arbre ! »

Le cinquième toucha par hasard à l’oreille et dit : « Même le plus aveugle des hommes peut dire à quoi ressemble le plus l’éléphant ; nul ne peut me prouver le contraire, ce magnifique éléphant ressemble à un éventail ! »

Le sixième commença tout juste à tâter l’animal, la queue qui se balançait lui tomba dans la main. « Je vois, dit-il, que l’éléphant ressemble beaucoup à une corde ! »

Et ainsi ces hommes de l’Hindoustan se disputèrent fort et longtemps, chacun soutenant son opinion obstinément et à l’excès

Quoique chacun ait eu raison en partie, pour l’ensemble tous avaient tort !

La pluralité des points de vue (II)

Jeudi 5 février 2009

 En gros voilà ce que ça dit, telle que j’ai pu la comprendre - d’emblée je prie les puristes de bien vouloir me pardonner si je ne restitue que très imparfaitement la théorie ; à ma décharge, ça fait un p’tit moment que je ne lis plus Nietzsche, et je reconnais ne pas être un de ses spécialistes (bien loin de là) :

Le postulat de Nietzsche c’est la volonté de puissance (perso’, j’ai compris - et comprends toujours d’ailleurs - ça comme synonyme d’instinct, et aujourd’hui plus encore, depuis que j’ai lu L’Agression de Konrad LORENZ). Dans notre monde, la vie est volonté de puissance, elle veut se développer, s’étendre, s’accroître, etc…, elle veut exprimer la puissance qu’il y en a elle : volonté munie d’un formidable pouvoir d’accomplissement.  Nietzsche utilisait souvent à ce propos l’image de l’ectoplasme qui étend ses pseudopodes.

Tout être vivant est donc mû par cette volonté de puissance, qu’il exprime dans tous les domaines. Prenons un exemple. Parmi les êtres vivants, il y a bien entendu les êtres humains. Pour faire encore plus pratique, choisissons comme témoins, un certain type d’êtres humains (encore que parfois, je me demande en quoi ce type se distingue des êtres animaux) : les occidentaux contemporains dits « civilisés ».

Voici qu’une discussion est entamée entre deux individus du genre pris pour témoin, au sujet, par exemple, de sa vision du monde, l’un défendant une approche anthropomorphique, l’autre soutenant la méthode scientifique. A priori il s’agit d’un échange ; mais, dans la perspective de la volonté de puissance, il s’agit plutôt d’une confrontation : chacun va tenter d’imposer à l’autre son point de vue. C’est normal, chacun, parce qu’il est mû par cette volonté de puissance, veut affirmer sa vision de la réalité car, par là-même, il s’affirme avant tout (volonté qui exerce sa puissance) ; tel l’ectoplasme qui étend ses pseudopodes pour conquérir le monde, pour se l’approprier, nous voulons, en étendant notre pensée au monde, le faire nôtre.

Mais voilà, pour chacun de nos deux protagonistes, c’est sa vision de la réalité. Et c’est ici qu’intervient l’autre construction de Nietzsche : le perspectivisme (qui on va le voir est une conséquence du postulat de la volonté de puissance). Cette vision de la réalité que chacun tente d’imposer, c’est la perception qu’il en a, c’est la réalité telle qu’il la perçoit, et j’ai même envie de dire, telle qu’il la voit (je me souviens qu’entre nos deux organes de perception que sont l’œil et l’oreille, Nietzsche, accordait sa préférence à cette dernière, sans doute parce qu’il était musicien, mais aussi parce qu’il estimait qu’elle permettait une compréhension plus profonde du monde que les yeux).

Ainsi qu’il a été dit plus haut, la volonté de puissance est, avant tout chose, vie, et prend donc source dans un corps, compris à la fois comme organisme mais aussi comme siège de perceptions, de sensations, d’émotions, etc. … C’est à la fois sa force mais aussi sa limite (parler de limite quand on parle de Nietzsche, c’est sans doute hérétique, mais comme je l’ai dit plus haut, je ne prétends pas - et heureusement - être son meilleur interprète) ; limite car la volonté de puissance ne peut s’exercer que par ce biais. Appliquée à notre cas pratique, l’assertion signifie que chacun perçoit le monde, d’abord selon ces modes de perception, mais aussi selon ses ressentis, ses affects, ses catégories d’interprétation, issue de son vécu (expériences, idées transmises par les parents, la société, etc. …). Chacun n’a donc qu’une vision nécessairement partielle de la réalité : celle que lui donne la perspective que constitue son corps ; cette vision n’est pas totalement fausse, elle n’est pas totalement vraie pour autant (je crois me souvenir que Nietzsche qualifiait cette vision nécessairement tronquée de « fausseté ») ; mais chacun, étant mû par la volonté de puissance, va tenter, j’ai envie de dire un peu malgré lui, de faire passer sa « fausseté » pour la Vérité…

Sous cet aspect du perspectivisme - la « fausseté » ou tout du moins la pluralité des perspectives - Nietzsche, n’a pas, selon moi inventé grand chose. Le seul mérite qu’on peut, à ce niveau, lui reconnaître, est d’avoir introduit cette idée d’une pluralité de points de vue dans la culture occidentale. Bah oui, parce que chez les orientaux, l’idée existait depuis très longtemps. C’est la fameuse allégorie des aveugles et l’éléphant…

La pluralité des points de vue (I)

Mercredi 4 février 2009

A l’intention de Romook,

En guise de préambule, et pour faire écho au titre d’un ouvrage philosophique, je me livrerai un peu à la généalogie de ma morale – mais qu’on se rassure, je ne vais pas la faire longue.

Je me rappelle que pendant mon enfance, je me suis toujours demandé comment distinguer une bonne d’une mauvaise action. Je pense pouvoir attribuer l’origine de la question à ma mère : une même action pouvait, selon ses humeurs, rencontrer son approbation ou, à l’inverse, encourir sa réprobation. Bref, vous l’avez compris, c’était pas évident pour s’y retrouver. Surtout qu’à la clé, la sanction n’était pas la même : florilège de baisers ou fricassée de fessées au menu (au passage, pour le lecteur curieux et amusé, je signale que j’ai eu des fessées jusqu’à un âge avancé ; hé oui…) – certes, comme aurait pu dire Swami VIVEKANANDA, il n’y a là qu’une différence de degré, non de nature (et « Ceci est Mayâ » comme il avait coutume de dire), mais je vous promets, la différence on la sentait.

Cette situation a créé chez moi une certaine propension à l’inaction – ma mère devait pourtant distribuer baisers et fessées à égalité, mais la peur du déplaisir représenté par la fessée a dû être chez moi plus forte que le désir procuré par l’idée du baiser - mais également à la réflexion. Finalement quel est le critère permettant de distinguer une bonne action d’une mauvaise action ?

Bon, je rassure tout le monde, c’est pas enfant que j’ai pu ainsi formuler la question. Elle commença à se dégager à l’époque où je me plongeais dans les écrits de différents philosophes – donc lorsque j’étais jeune adulte (traduction : adolescent moins tracassé par ses problèmes de peau et les filles – ou les garçons, pas de discrimination).

Mais à leur lecture, ce qui me frappa en premier, c’était finalement la diversité des opinions avancées, et par là-même celle des morales proposées.

Putain, mais dans tout ce bordel, c’est quoi qui est bon, c’est quoi qui est mauvais ?

A cette question (oui je confirme, c’est la même que tout à l’heure), un philosophe m’apporta un début de réponse : c’était NIETZSCHE et son perspectivisme.

« Houlalà, rien que le nom déjà ça sent la théorie fumeuse » ! Bah, pas tant que çà, à vrai dire…

 

Shivoham

Lundi 2 février 2009

Ci-dessous, quelques extraits, planches en cours et autres croquis réalisés dans le cadre de la BD que je destine au prochain numéro du fanzine BAHNIWE, et que j’ai intitulée ” Shivoham “.

Je préfère pour l’instant ne pas dévoiler la trame de l’histoire et attendre pour cela, que la plupart de mes planches soient bien avancées. Cela étant, je pense les extraits proposés permettent déjà de se faire une petite idée…

Rêves d’adulte

Lundi 2 février 2009

Bon, c’est bien de disserter sur le monde, c’est mieux de l’illustrer (enfin, c’est mon point de vue).

Alors que dans un billet récent, il était question de la nécessité pour l’être humain de devenir enfin ” adulte “, voici quelques travaux tirés d’un projet de BD scénarisé par Mister LANCE STRAPONTIN, dont le titre (peut-être provisoire) est ” rêves d’adulte ” et dont les idées sous-jacentes font écho à celles exprimées dans le billet en question.

P.S. : pour voir ces travaux un peu plus en détail, vous pouvez utilement vous reporter à la catégorie répertoriée sous le même nom dans mon bloug.