La pluralité des points de vue (I)

A l’intention de Romook,

En guise de préambule, et pour faire écho au titre d’un ouvrage philosophique, je me livrerai un peu à la généalogie de ma morale – mais qu’on se rassure, je ne vais pas la faire longue.

Je me rappelle que pendant mon enfance, je me suis toujours demandé comment distinguer une bonne d’une mauvaise action. Je pense pouvoir attribuer l’origine de la question à ma mère : une même action pouvait, selon ses humeurs, rencontrer son approbation ou, à l’inverse, encourir sa réprobation. Bref, vous l’avez compris, c’était pas évident pour s’y retrouver. Surtout qu’à la clé, la sanction n’était pas la même : florilège de baisers ou fricassée de fessées au menu (au passage, pour le lecteur curieux et amusé, je signale que j’ai eu des fessées jusqu’à un âge avancé ; hé oui…) – certes, comme aurait pu dire Swami VIVEKANANDA, il n’y a là qu’une différence de degré, non de nature (et « Ceci est Mayâ » comme il avait coutume de dire), mais je vous promets, la différence on la sentait.

Cette situation a créé chez moi une certaine propension à l’inaction – ma mère devait pourtant distribuer baisers et fessées à égalité, mais la peur du déplaisir représenté par la fessée a dû être chez moi plus forte que le désir procuré par l’idée du baiser - mais également à la réflexion. Finalement quel est le critère permettant de distinguer une bonne action d’une mauvaise action ?

Bon, je rassure tout le monde, c’est pas enfant que j’ai pu ainsi formuler la question. Elle commença à se dégager à l’époque où je me plongeais dans les écrits de différents philosophes – donc lorsque j’étais jeune adulte (traduction : adolescent moins tracassé par ses problèmes de peau et les filles – ou les garçons, pas de discrimination).

Mais à leur lecture, ce qui me frappa en premier, c’était finalement la diversité des opinions avancées, et par là-même celle des morales proposées.

Putain, mais dans tout ce bordel, c’est quoi qui est bon, c’est quoi qui est mauvais ?

A cette question (oui je confirme, c’est la même que tout à l’heure), un philosophe m’apporta un début de réponse : c’était NIETZSCHE et son perspectivisme.

« Houlalà, rien que le nom déjà ça sent la théorie fumeuse » ! Bah, pas tant que çà, à vrai dire…

 

3 commentaires pour “La pluralité des points de vue (I)”

  1. Albertine dit :

    la suie ! la suite ! :mrgreen:
    On veut la suite des aventures de Yogi Tougoudou au pays de Nietzsche !

  2. Romook dit :

    En tout cas, j’aime bien l’entrée en matière. La Mère, source de toute morale :twisted:

  3. gnome dit :

    ça me fait penser à un épisode des “desesperate house wife” où Brie Van de Kamp prend la défense de la maman de Freud pendant sa thérapie de couple et il en ressort que finalement, Freud n’était qu’un fils ingrat qui n’a vu que les conséquences négatives des faiblesses de sa maman, plutot que de voir tous les sacrifices qu’elle avait fait pour lui.
    Franchement, cet épisode est le meilleeeeeeeeeeeeeeur de toute la série.
    Heu, désolé Yogi, je ne désire pas te faire passer pour un fils ingrat, c’est le petit personnage à côté du message de Romook après qu’il eut parlé de la Mère qui m’y a fait penser.
    Autre chose, quand tu seras à ton tour papa, si tu ne l’es déjà, tu reverras toute ton enfance sous un jour différent.

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