Clap de fin (?)…
Salut aux rares qui osent encore rôder dans les parages… ou aux malheureux/ses qui s’y sont égaré(e)s (!)
A ceux-ci et ceux-là : juste un petit mot, peut-être le dernier de votre serviteur sur ce bloug, pour vous annoncer que si je ne le ferme pas définitivement (ça m’f'rait quand même un peu mal aux balloches), j’en suspends néanmoins l’activité (laquelle, me feront perfidement remarquer d’aucuns, était déjà depuis quelques temps moribonde) sine die.
N’ayant tout simplement plus ni le temps, ni de cerveau disponible - ni peut-être la motivation suffisante - pour m’y consacrer, j’ai préféré, surtout dans mon intérêt propre, et pas tant en direction des éventuels fans qui par chance ou par une obstination proprement démente me seraient restés fidèles, comme pour mieux me préparer à faire le deuil, prendre la décision de renoncer à faire vivre ce blog, censé (encore que je ne suis jamais vraiment parvenu à définir précisément son objet) faire l’étalage de mes créations bédétesques, et de l’annoncer clairement sur la toile.
La BD, c’est ma grande passion (pour paraphraser l’ami Sharif). C’est ce que je me disais quand j’avais onze ans, lorsque je dévorais les pages des ” Scorpions du désert ” d’Hugo Pratt (j’ai toujours préféré Koïnsky à Corto Maltesse). Mes parents devaient avoir l’une des premières éditions francophones (chez Casterman, si je ne m’abuse) où en introduction, un auteur (lequel ?) retraçait le contexte de cette oeuvre. Je crois me souvenir qu’il y était écrit que c’est à cet âge également qu’Hugo Pratt avait pris la ferme décision d’être dessinateur de bandes dessinées. Mais je ” dessinais ” de la BD depuis sept ans, étant tombé dans le chaudron à images en découvrant les ” Tuniques Bleues ” de Raoul Cauvin au scénario et, au dessin, de Louis Salvérius, mais surtout de Willy Lambil - Ah, Monsieur Lambil, qu’est-ce que j’ai pu copier votre trait ! Le mien en était formaté à tel point que pour m’en détacher et en créer un mien propre, il m’a fallu passer par la case ” porno “. Bah ouais, c’est comme çà : j’ai fait progresser mon style à partir du moment où j’ai voulu dessiner de manière plus réaliste la morphologie de mes personnages (quoiqu’en y regardant de plus près aujourd’hui, il apparaît comme évident que certaines parties anatomiques ont reçu une représentation disproportionnée).
Puis vint l’époque manga (merci pour le cadrage) puis celle du comic (merci pour l’encrage - encore que ça se partage avec le/la manga, Ryôichi Ikegami restant un modèle pour moi). J’avais alors vingt-trois/ vingt-quatre ans… La même envie qu’à onze ans, juste un peu plus de savoir-faire (vraiment un petit peu plus, je ne remercierais jamais assez ce ” Nègre ” de poète, dont j’ai un jour croisé la route, pour m’avoir ” déniaisé ” et permis de donner à naissance à ma première “vraie ” BD - même si elle n’est restée qu’à l’état de projet), et cette fois-ci le courage de me lancer… Mais pas plus… Premier projet (Shadow District), premier rejet. Cela suffira pour modérer durablement les ardeurs du candidat à la carrière de dessinateur en bandes dessinées.
Alors pas plus d’ambition le gaillard ? Hé, c’est qu’il faut grailler mon con ! Donc le mec i’ bosse dans une branche qui n’a rien, mais alors vraiment rien à voir, malheureusement, avec le monde du dessin. Il essaye pourtant de se maintenir à flots parce qu’il y croit encore à son rêve de gosse (on a presque la trentaine maintenant). Pour cela, il s’inscrit sur les forums de BD où il essaye de se faire connaître et reconnaître. C’est à peu près à la même époque qu’il créée ce blog (encore merci la frangine). La fortune ne paraît pas encore l’avoir totalement abandonné, un infographiste (Vegas, si tu passes encore par ici, j’te fais une spéciale dédicace) le repère et l’aventure ” Banhiwé ” commence… et n’ira pas très loin - ça doit être une constante chez moi (de l’endurance mais échec récurrent au finish). Quelques participations, quelques salons et dédicaces (que je ne regrette pas, ce furent les premières - et je n’espère pas les dernières) plus loin, il tente à nouveau le projet (l’époque du Nainnuque). Pas de réponse… Depuis bientôt un, deux ans (?) - mais la maison d’édition avait clairement annoncé la couleur.
Un cruel manque de temps et d’énergie -le boulot et la vie à deux absorbe tout, à tort (boulot) ou à raison (couple) - se fait sentir ; pas l’envie, pas la force de harceler l’éditeur ; plus la foi ? Sans doute. Le gosse a un peu vieilli ; normal, mais un peu triste quand même. Comme bien souvent, comme pour tout le monde, après les illusions, les désillusions. Il a changé, sa vision du monde aussi (je n’irai pas à jusqu’à dire que le monde a changé). Certains appelleront ça de la maturité…
Aujourd’hui, alors que la quarantaine s’achemine, je dessine encore, des bandes dessinée de préférence (je n’aime pas trop les illustrations, enfin, l’exercice me tente moins). Elles sont rarement achevées. J’essaye d’écrire une histoire en une planche. Mais, quoiqu’il en soit, si je dessine, je le fais avant tout pour moi, uniquement ; pour me retrouver, pour exorciser ou sublimer, mes peurs, mes souffrances, mes envies… Pour me faire plaisir aussi. Je ne dis pas qu’en faisant de la BD, je suis nécessairement apaisé, mais ça y contribue.
Et puis je ne perds pas la main, car qui sait, peut-être un jour… L’espoir fait vivre dit le dicton, et je préfère que la mort, en venant me trouver, tombe sur un g-osse !
2 décembre 2011 à 9:26
“Clap de fin”, allons bon! nenni mon ami. Tant mieux que tu sois amoureux, mais ne va pas mettre sur le dos de ta moitié le fait que tu ne postes plus sur ton blog.
Allez, j’accepte que tu ne mettes plus rien jusqu’en février (je vous laisse le temps de vous remettre de toutes ces fêtes qui s’annoncent), et ensuite, hop, un petit croquis pour montrer que tu ne perds pas la main.
rdv en février sur ton blog alors
d’ici là: passez de très bonnes fêtes en famille, la famille c’est ce qu’il y a de plus précieux. Et comme dit si bien Joëlle dans l’émission “Sans Chichi” : “prenez soin de vous et de ceux que vous aimez”