Archive pour la catégorie ‘Méditations’

Pris de SPAM ? Yogi Tougoudou a LA solution

Mercredi 18 mars 2009

> Message du 12/03/09 16:22
> De : “Alain”
> A : yogitougoudou@chakra.net ;
> Copie à :
> Objet : je ne vais plus a la fnac
>
> Bonjour,
> La semaine derniere, je suis alle a la Fnac pour m’acheter des logiciels et j’ai ete abasourdi par les prix. Ils sont fous. Alors j’ai cherche sur google et j’ai trouve un site top (lien du site) tu me diras ce que tu en penses mais payer 10% du prix public, j’ai pas trouve mieux. Tu peux telecharger tous les logiciels des plus grandes marques de suite.

 

Ami, sais-tu qu’il est possible de faire mieux encore ?

En pratiquant assidûment le détachement, puis le renoncement aux choses de ce monde, tu obtiendras Moksha, la Libération.
Ainsi le prix de tel ou tel produit ne sera bientôt plus une source de soucis pour toi.

Malheureusement, Ami, pour cela, je ne détiens aucun programme que tu eusses pu utilement télécharger. Mais ne désespère pas, Ami, le programme est déjà en toi ; pour l’ouvrir, il te suffit juste de faire preuve de patience et d’abnégation.

Je te souhaite, Ami, une journée emplie de soleil.

Om.

Devenir adulte… Pour le devenir de l’humanité

Lundi 19 janvier 2009

Dans un forum du net, auquel j’avais naguère l’habitude de participer, et où il était alors question des tsunamis ayant ravagé une partie de l’Asie du Sud-Est en 2006, le débat s’était focalisé sur l’explication du phénomène : certains intervenants adoptaient une démarche anthropomorphique alors que d’autres plaidaient pour l’approche scientifique.

Les partisans de la conception « magique » s’appuyaient notamment sur les mythes hindouistes tels qu’ils apparaissent au travers des épopées du Ramayana et selon lesquels, le Monde, symbolisée par une tortue, tient en équilibre sur deux dragons ; lorsque l’un de ces deux dragons s’assoupit, il se produit alors un tremblement de terre.

Les tenants de la rationalité invoquaient quant à eux la tectonique des plaques.

Cette pluralité des points de vue me rappela l’allégorie des aveugles et l’éléphant ; chacun des aveugles, à sa manière, avait raison, mais leur vérité n’était que partielle, forcément tronquée. Tous détenait une parcelle de la Vérité.

C’était idem dans le cadre de ce forum, même si d’aucuns aimeraient que la vérité scientifique soit considérée comme la seule Vérité valable.

Et il est vrai que c’est l’efficacité au niveau de la technique apportée par la science qui plaide en sa faveur. Revenons au tsunami : techniquement, la science permet d’appréhender le phénomène de telle manière que l’homme soit capable de le maîtriser (anticiper sa venue par une série d’instruments de mesure, édifier des habitations capables d’y résister, etc…).

Du point de vue de la technique, la vérité scientifique apparaît dès lors comme sans rivale. En effet une vision anthropomorphique du phénomène ne permettrait pas de parvenir à un tel résultat de maîtrise - triomphe de la science sur ce point, donc.

Mais le problème de la science, de la vérité scientifique, est que son avancée creuse notre propre abîme, car il semble en effet que, plus la science avance, plus la vie, l’univers, tout ce qui nous entoure (nous-mêmes d’ailleurs) nous apparaissent compliqués (voire très compliqués même).

Surtout, son avancée entraîne l’apparition d’une véritable angoisse existentielle. Avec la science, se pose indirectement, mais certainement, la question du sens compris comme finalité : pourquoi la vie, l’univers, pourquoi tout çà ? …

Nous ne sommes plus face aux mystères magiques, aux interrogations auxquelles tentaient de répondre nos anciennes croyances - comme peut l’illustrer, au sujet des tsunamis, la croyance dans les deux dragons.

Pourtant, ces mystères, bien qu’ils soient tour à tour intrigants et terrifiants, avaient tous une réponse et une réponse qui donnait du sens, car prenant corps dans une tentative d’explication plus vaste, plus globale du monde.

Certes cette vérité anthropomorphique, cette vérité mythique, était naïve : l’être humain se contentait de projeter sa propre psychologie sur le monde l’environnant.

Insistons sur cet aspect de naïveté de l’explication, car elle fait penser immanquablement à la situation de l’enfant qui se pose des questions. Tout comme un enfant, ce type de vérité, la vérité mythique, avait l’insigne mérite de nous rassurer, nous les êtres humains pré-scientifiques. Cette vérité donnait du sens à cet ensemble disparate, composite, sans cesse changeant, qu’est le monde, la Nature.

Et c’est là où, à mon sens, se situe l’échec de la vérité scientifique.

Effectivement elle nous a permis de quitter cet état naïf de l’enfant qui a besoin d’être rassuré. Mais elle ne nous a pas permis d’accéder à l’état d’adulte. J’en veux pour preuve le constat du stade alarmant et misérable auquel est parvenu l’évolution de l’humanité. J’ai l’impression que nous ne sommes encore que des enfants, que des parents auraient abandonnés, avec des jouets ultra perfectionnés pour nous occuper. Nous savons les utiliser mais nous ne savons pas pourquoi les utiliser…

Alors on va les employer à casser le monde qui nous pose question (on peut en effet se demander dans quelle mesure cette propension qu’a la civilisation occidentale à détruire du vivant ne traduit pas cette peur métaphysique) !

Et c’est pour çà aussi, que nous nous raccrochons à ces vieilles explications mythiques, qui nous rassuraient tant, mais qui ne nous rassurent plus autant, car nous sommes devenus moins naïfs, la science ayant ici fait son oeuvre…

A l’aube de ce XXIème siècle balbutiant, j’ai envie de dire que s’offre à l’être humain un défi impérieux : devenir enfin adulte, pour le devenir de l’humanité…

Juste un instant…

Jeudi 9 octobre 2008

Ah le matin, au petit matin (enfin, faut pas exagérer non plus, paske l’Tougoudou, c’est loin d’être un parangon du mâtinal)  ! Quand on trace, qu’on s’affole, qu’on s’carapate pour  aller choper ce métro, qui nous emmènera au boulot (et qui plus tard nous ramènera pour le dodo) ! Oh, je sais (prenez-bien la moue à Gabin pour le dire, si, si, ça l’fait), je fais pas dans l’originalité  - parler de ce fameux « homme pressé » (Big up à Noir Désir) en prologue, mon dieu, qu’est-ce que c’est lieu commun !… Et bah ça s’ra comme çà ! (pour un coup qu’j'écris, on va pas comment à braire, brin).

Alors voilà que l’Tougoudou (pas très Yogi, j’suis stress’), i’ déambule comme c’t'homme pressé dont j’viens précédemment de causer, arpentant le trottoir en trottinant comme une trompette (bah oui, quand j’marche, j’dandine du cul) - vite, vite, qu’j’suis en retard, que d’toute façon j’le savais déjà en m’levant, mais que j’arrive pas à m’débarrasser d’un sentiment coupable pompeux et dérisoire - et pis, voilà : je regarde le ciel - putain, non, non, trace, fonce, quitte pas le sol des yeux !

Je marche, le rythme se ralentit (peut-être simplement mentalement, la cadence physique restant, elle, sans doute la même), les fluctuations de la pensée cessent - je regarde le ciel…

Bah oui, mais même quand j’course, c’est plus fort que moi, faut que mon côté contemplatif i’ s’exprime (le retour du Yogi quoi) ; alors v’là que j’suis hâpé par le ciel, bleu  - putain c’est qu’il est bleu, c’te ciel ! Tu sais, biloute (dire qu’c'est à la mode maintenant, le ch’ti, alors qu’au XIXe siècle, on s’échinait à le faire disparaître), du bleu comme çà, chez nouz’autes, ch’est rare. Oh, puis ça ressemble un peu - beaucoup - au bleu d’hiver, ce bleu si brillant, si intense, si pur ; certes, un peu - beaucoup - froid mais tellement éclatant que ça réchauffe.

Alors, voilà, voilà que l’instant me gagne, que sa beauté commence à se faire jour - non !  Même pas, j’dis des conneries : i’ m’a saisi c’t'instant ! Ouaich ! Oh, allez, y’a p’têt eu un p’tit écoulement de temps, le temps que j’découvre cette beauté totale de l’instant. Comment que j’l'ai découvert ? Grâce à l’arbre sur le trottoir…  pas du genre des p’tits arbres tout rabougris, plantés là et abandonnés. Non. Un bel arbre, vigoureux, encore tout garni de ses feuilles, malgré un automne finissant. Fouchtra, qu’y'étot biau ch’t'arp’ (oh pis brin, si le francophone i’ s’y perd, dans ces quelques apartés ch’tis) !

Levant les yeux, j’voyais la belle couleur chatoyante et dorée de ses belles feuilles  resplendir dans la luminosité de “mon ” (bah, après, tout, ici, là, maintenant, y’a qu’moi qui le voit comme çà) beau ciel azuré. Leur ligne délicate se découpait dans le patron céleste. Je n’ai pu alors m’empêcher de parcourir du regard, ses feuilles, puis ses branches, puis son tronc (majestueux et voluptueux) - comme si contemplant une femme dans la rue, intrigué par son visage, instinctivement, inévitablement, je serais descendu le long de son corps vers ses jambes. Didjou, qu’i'était sensuel cet arbre ! Du coup, j’sais plus vraiment si j’ai pas commencé par regarder le tronc pour parcourir ensuite le feuillage (bah des fois, peut être souvent d’ailleurs, c’est les jambes des femmes qui m’attirent le regard - un brin fétichiste l’père Tougoudou). C’est dur de décrire un instant - le sentiment d’éternité n’est pas éternel (ça fait pompeux, qu’tu dis ?! Brin, mi ch’te dis).

Saisi par l’instant, par sa beauté, je les ai savourés - spontanément, j’ai sorti tout haut : « magnifique ! ».

Et l’arbre, lui, l’a entendu. Et l’arbre, lui, me l’a bien rendu : trois de ses feuilles se sont détachées, délicatement - instant subtil - et ont volées doucement, aériennes, m’enrobant, me nappant, deux devant, la troisième que j’aperçois en me retournant.

Car, cessant pour un temps, pour un instant - pour cet instant - ma course effrénée et imbécile, je me suis retourné vers l’arbre ; et, d’un geste amoureux de la main, je lui ai envoyé un baiser, à mon bel arbre. Merci. Merci, mon beau…

La magie est là, dieu est là, partout, mais on ne les voit pas. Al-Hamdu li-llah !

Lequel est le plus bandant ?

Mardi 29 juillet 2008

Lequel est le plus bandant ?

Le sauvage ou le civilisé ?

Je suis Cela

Dimanche 16 décembre 2007

” Je suis Cela “, ” Je suis Lui “, ” Je suis le Bienheureux”…
Voilà l’une des formulations de l’ultime Vérité selon les penseurs védantiques monistes, tels que Swâmi VIVEKANANDA, lequel d’ailleurs n’avait de cesse de la soutenir, ainsi qu’en témoignent les nombreuses conférences qu’il donna en Europe et aux Etats-Unis à la fin du XIXème siècle, et qui ont notamment été receuillies et compilées dans un ouvrage intitulé Jnâna Yoga (Je tiens d’ailleurs à ce propos à remercier vivement Romook Ier de m’avoir fait découvrir le yogi VIVEKANANDA et son oeuvre, Romook Ier qui, s’il me lit et opère un rapprochement avec le commentaire que je lui ai laissé au sujet du ” Pornographie ” de Witold GOMBROWICZ, pourra alors se targuer, en toute légitimité et bien malgré moi, d’avoir fait mon éducation culturelle).

Lors d’une de ces conférences, et afin d’illustrer son propos, il raconta cette histoire : un hommme vivait dans une forêt et répétait jour et nuit ” Je suis le Bienheureux ” (shivoham). Un jour un tigre se jeta sur lui et l’emporta pour le dévorer ; des gens qui étaient séparés de lui par un fleuve, virent la scène ; ils l’entendirent qui continuait à répéter, tant qu’ili lui restait du souffle : shivoham“, même dans la gueule du tigre.
Si mon néo-cortex comprend l’enseignement que contient ce récit, je doute que mon mammifère, qui, même si j’en conviens, est séduit pour partie par cette morale, l’épouse en totalité…
Peut-être ne je suis pas encore prêt (mais qui est ” je ” ?)… Sans doute, ne le serais-je jamais…

Bref, je crains que le jour où un Rottweiler me trouve à son goût, mes cerveaux mammifères et reptiliens ne s’entendent (et selon la théorie de Paul McLean, ils s’entendent effectivement, en tout cas plus qu’ils n’écoutent leur comparse ” intellectuel) pour mettre en application pratique cet autre enseignement que la tradition prête au Roi de France Louis XVI, lors du célèbre épisode de Varennes, et auquel elle donne la formulation suivante : ” Courage, fuyons ! “.

La métaphysique du fisc

Mardi 27 novembre 2007

Aujourd’hui, peut-être plus que jamais, la mort est un phénomène tabou. En dépit des avancées de la Science, la mort demeure toujours un mystère, source d’angoisse pour bon nombre de nos contemporains, et particulièrement, semble-t-il, ceux du monde occidental, où la quête de spiritualité, si elle apparaît intense, n’en révèle que plus paradoxalement un manque cruel de véritable foi.

Et pourtant, l’on ne devrait point douter ainsi, non. Non pas que cela est mal, moralement j’entends, mais ce doute n’a pas lieu d’exister. Non. car l’Etat, lui, et ici je prendrai comme exemple, l’Etat français, dernière institution héritée du XIXème siècle qui n’ait pas encore (trop) vacillé, nous montre que la survivance, sinon du corps, au moins de l’âme existe. Et oui !

L’Etat romain, un modèle de bureaucratie, avait dû avoir recours, à un certain stade de son évolution, à la religion, en l’occurence chrétienne, afin de donner une assise morale, une légitimité à l’exercice de son pouvoir sur l’ensemble des territoires de l’Empire. Si, selon le principe politique, l’Etat créée la nation, la nation est nécessaire à l’Etat.

Aujourd’hui, l’Etat moderne, et au premier chef l’Etat français, dont la laïcité, encore récemment, si farouchement revendiquée, constitue à ce titre une illustration exemplaire, n’a plus besoin de la religion pour fonder la légitimité de son pouvoir. Non. C’est même plus que cela. L’Etat est religion.

Comme le faisait la religion naguère, il régit notre vie… de plus en plus, et dans les moindres détails. L’Etat créée la morale. Des exemples ? Fumer c’est mal, donc on l’interdit… Pour l’instant, uniquement dans les lieux publics.

De l’éthique à la métaphysique (avant Descartes, l’éthique avait d’ailleurs pour fondement la métaphysique), il n’y a qu’un pas… que l’Etat n’hésite pas à franchir.
Et l’Etat nous révèle que nous survivons à la mort ! Oui. Bon d’accord, peut-être pas sous forme de corps incarné, mais bon l’Etat ne peut pas tout, nous ne sommes quand même plus à l’époque de l’Etat providence !

En tout cas, c’est sûr, nous survivrons. Quelle plus belle preuve de cette survivance que cet article 204 alinéa 2 du code général des impôts qui impose au contribuable, après son décès, de déposer, dans un délai de six mois, sa déclaration des revenus imposables.
Et l’Etat tient vraiment à nous rassurer (ne craignons point la mort, citoyens !) : tout comme un contribuable vivant, le défaut de déclaration dans le délai imparti donne lieu à majoration de 10 % de l’impôt mis à la charge du contribuable, ainsi qu’un intérêt de retard au taux de 0,40 % par mois (articles 1727 et 1728 du Code Général des Impôts, une ” bible “).

L’Etat aujourd’hui ne dit plus ce qui doit être. Désormais, il dit ce qui est : le citoyen survit à la mort.

Donc je m’adresse à tous mes contemporains en quête de spiritualité : arrêtez, laissez tomber, vous vous fatiguez inutilement (et puis vous devez en perdre du fric ! Attention, il y a les impôts, même dans l’Au-delà) : christianisme, islam, bouddhisme, judaïsme, religion du Livre, du Verbe, chamanisme, animisme, croyances païennes, ésotérismes, mysticismes… Stop ! Qu’est-ce qui vient de vous dire l’Etat : vous survivrez, alors ? ! (Oui, et pis, surtout ne l’oubliez pas, que vous allez survivre, hein, paske les impôts, eux, ils oublient pas).