Arabesques
24 avril 2008Zuleikha

Zuleikha

Blougoudou(te), j’te l’avais promis, te voilà servi(e) !
C’est en effet ZE grand retour d’Aldo et Boldo - les personnages mythiques de ce bloug - avec votre serviteur bien évidemment -, après bien des mois d’absence (personne ne s’en ait plaint d’ailleurs… enfin, maintenant j’ai peur que les plaintes ne tombent ! ).

Tu peux découvrir le nouvel épisode de leurs fantastiques aventures aux éditions Kappachan - c’est gratuit et c’est ici.
Bonne lecture, Blougoudou(te) et à bientôt, pour de nouvelles aventures (” ohlalà, Yogi Tougoudou comment tu nous gâtes ! ” ” C’est parce que je pense à toi Blougoudou(te). “) !
Le vœu de l’elfe
Je monterai haut
A toucher le soleil
De mes ailes en feu
Jailliront les étoiles
Que les fées déposeront
Sur les yeux des mortels
Pour qu’enfin ils voient
La divine étincelle
Le jeudi 13 mars 2008, on apprenait dans les journaux (du métro, en tout cas - moi c’est ceux que j’lis parce qu’ils sont gratis et que j’comprends c’que j’y lis), la mort du dernier Poilu français et la disparition des tigres de la surface du globe.
Deux faits, bruts, balancés comme çà, à la face du lecteur, plantés dans ses orbites à la mode des médias. Deux faits donc, qui a priori n’avaient rien en commun, deux faits étrangers l’un à l’autre, en l’absence de tout rapport quelconque de causalité ; et pourtant deux faits qui se trouvaient réunis, de manière incongrue, qu’une volonté (humaine ?) avait décidé de se faire côtoyer, par le biais de l’écriture journalistique.
C’en était trop… Il devait y avoir du sens… Fatalement - Fatalement car j’étais condamné à trouver du sens - condamné à cette issue si je ne voulais pas souffrir face au Chaos, de ce néant que me jetait en pâture ces médias inconscients (immatures ?) !
C’est alors que la méthode gombrowiczéenne d’appréhension du Réel (ah ! J’aimerais bien l’appeler méthode paranoïaque-critique, mais elle est déjà prise) se réactiva en moi.
Il devait y avoir là un lien (des liens mêmes) - forcément. Subjectif(s), forcément. C’était moi qui allait construire (comme un pur gombrowiczéen) ou deviner (comme un vrai chaman) une réalité, ma réalité - une réalité qui aurait du sens.
Cherche Yogi, cherche Tougoudou. Un premier lien : je l’établis du côté d’un des éléments mis en présence : le Tigre. Je pense à Clémenceau, ce ministre de la guerre, ce ministre de la Grande Guerre, comme on l’appelle, celle des Poilus, et donc par extension le Grand Chef des Poilus français ; et Clémenceau, on l’appelait pas « le Tigre » (d’où le surnom donné à ses célèbres brigades).
Mais cette piste (ah ! cette méthode de l’enquête policière (cf. Cosmos de Witold Gombrowicz) se révèle assez vite, pour moi, infructueuse.
Cherche Yogi, cherche Tougoudou. Un second lien se fait jour. Il me convient mieux, je le trouve plus puissant que le premier car il transcende ses deux extrémités ; ce lien c’est le poil (un des journaux titrait d’ailleurs au sujet des tigres : « les tigres perdent de plus en plus du poil de la bête »)…
Qu’est-ce que le poil (symboliquement parlant j’entends, bien évidemment) ? Il cumule deux représentations : la maturité d’une part, l’animalité d’autre part.
Le poil c’est d’abord le signe le plus évident de la maturité, bien entendu sexuelle, mais pas seulement. Le poil évoque l’adulte : capacité de procréer, capacité à se responsabiliser - maturité physique et psychologique donc.
Le poil c’est aussi l’empreinte de l’animalité, voire la bestialité, qui subsiste en nous ; c’est ce qui évoque immédiatement, infailliblement, cette part, ce reste de Dame Nature que conserve l’être humain.
Mais mon dieu, cachez-moi ce poil que je ne saurais voir ! Et c’est là que se fait le nœud (Gombrowicz, un yogi ?) ; oui, car ce poil, aujourd’hui, n’a plus la cote chez nos contemporains ; aujourd’hui, on préfère le faire disparaître, lui supprimer toute existence, à ce poil. Le poil n’est plus au… poil. Je me trompe-je ? Et toute cette frénésie liée au monde de l’épilation, alors ? Même les hommes s’y mettent (va donc faire un tour sur Youporn (à entonner sur la mélodie bien connue du groupe Matmatah)!
Pourquoi ? Selon certains spécialistes[1], couper le poil c’est agir sur la Nature, et donc d’une certaine manière, la maîtriser. Couper le poil c’est donc afficher sa maîtrise sur la Nature. Moi quand je me rase, que je m’épile (je l’ai fait intégralement une fois - sauf les fesses) c’est pour montrer que je suis capable de contrôler ma partie animale. Mais, à la vérité, est-ce que ce n’est pas plutôt la refouler ? Est-on bien sûr que par ce geste on la dompte ? N’est-ce pas plutôt une maîtrise feinte ? Moi je me dis plutôt que cette signification du poil nous gêne, ne nous plaît pas, qu’on sait que c’est là mais qu’on veut pas le voir (politique de l’autruche ?)
Problème : si on coupe le poil, symboliquement, et paradoxalement, on retranche du même coup l’autre signification du poil : la maturité. Finalement notre prétendue maîtrise du monde animal, de la Nature, se solde par une immaturité, peut-être pas (ou peut-être inconsciemment) revendiquée, mais clairement affichée.
Et là on baigne dans la thématique - chère à Gombrowicz - de l’immaturité, celle de notre société, et mondialisation oblige, de notre… monde.
Nos poilus disparaissent et ne reviendront plus. Nos tigres disparaissent et ne reviendront plus. Tous ces êtres faits de poils disparaissent et ne reviendront plus. Le monde s’enfonce alors dans l’immaturité. En termes d’évolution (ce grand constructeur comme dit Konrad Lorenz), ce mouvement ne peut qu’être qualifié que de régression.
Un Hindouiste y verrait là une preuve de plus, un signe tangible du Kâli-Yuga (je vous le dis Gombrowicz c’est un yogi qui s’ignore). Les yogis - pour qui le mouvement de la respiration constitue l’un des principes essentiels - diraient certainement que, tout comme l’expiration qui succède à l’inspiration (et vice-versa), à une phase évolution, doit correspondre une phase d’involution (et vice-versa). Le Monde retourne petit à petit vers le néant, l’entrée dans une ère d’immaturité n’en étant que le signe avant-coureur.
Hé ! La boucle est bouclée : Le chaos surgissait des pages des journaux - le chaos est la conclusion logique qui se profile à l’horizon !
Tout le monde vous le dira, j’ai le cul poilu, et pas qu’un peu ; mais jamais (au grand jamais - merci de votre intervention Mr. Manatane) je ne me ferai ôter les poils des fesses et de la raie (et oui là aussi), même si par ce geste, je me condamne à faire partie de ceux dont l’extinction rapide est programmée.
En vous remerciant, bonsoir (Mr. Manatane forever).

Salut Blougoudou(te) !
Et bien, tu sais quoi ? Je me rends compte qu’on approche sévèrement de la fin du mois de février, et que je n’ai posté encore aucun billet.
Inévitablement guidé par la peur du vide (hé, va y avoir un gros trou dans mes archives), je vais tenter de réparer in extremis ce qui peut encore l’être en postant un ultime billet.
Superbe exemple de billet bouche-trou donc, je vais quand même tâcher de l’accommoder du mieux que je peux afin de le hisser à un rang plus digne de considération, et par ce même exercice, de renouveler en toi, cher Blougoudou(te), l’envie d’arpenter, avec une curiosité et une joie décuplées, les espaces encore inexplorés de ce modeste et virtuel endroit (en bref : j’t'en prie, supplie, viens faire un tour sur mon bloug !).
Pour ce qui est du trait pictural, j’ai, et ce qui explique mon absence du blog ces derniers temps, bossé sur les Arabesques, notamment pour le fanzine Banhiwé (je sais jamais l’orthographier ce nom !). Je vais bientôt les mettre en ligne, dans c’bloug. Pour les fans d’Aldo et Boldo (et je sais qu’ils sont rares), un nouvel épisode est en préparation. Comme d’habitude, ça tournera (et ce sera effectivement le cas) autour de la bistouquette à Boldo (on ne change pas une recette… quand on en a qu’une !).
Sinon, je compte également faire découvrir une nouvelle collection d’illus intitulée ” Afrodite “. A propos d’illus, je vais mettre aussi en ligne celles que j’avais réalisées dans le cadre de la BD Shadow District.
En ce qui concerne le trait écrit, j’ai du lourd… mais en même temps j’ai pas beaucoup ; bah oui, c’est un article fleuve (!) Alors tu m’diras, j’avais qu’à le diviser en plusieurs billets, ce qui m’aurait d’ailleurs permis d’occuper ce blog pendant le mois de février. Problemo : 1/ y’est pas ‘core torché c’t'article ; 2/ j’sais nin comint qu’j'fais min compte mais techniquement, a peux pas l’diviser (qué gros blair’ qu’j’suis hein ?). En plus, j’sais même pas pourquoi j’vais l’publier, j’vois pas trop qui c’est qu’ça va pouvoir intéresser…
Bon, y’a ‘core des poèmes de Papa Tagada que j’ai pas publiés. Mais les provisions commencent à s’épuiser, et la source d’inspiration, elle, à se tarir…
Mais t’inquiète Blougoudou(te), comme on dit de par chez moi : cha va daller, cha va daller, tout duchmint mais chûrmint.
Allez, min tiot(e) Blougoudou(te), j’te fais d’grosses bèzes et j’te dit à bientôt !
” Le fond dans la forme ”
Blougoudou(te), si tu viens à t’échouer sur les rives de ce bloug, (ce que je me souhaite), peut-être sera ce à cause de l’ode à la féminité, qui à l’égal du chant des sirènes, t’auras attiré(e) jusqu’en ces lieux.
Mais ici, les Sirènes (elles se nomment Arabesques) ne désirent pas tant ta perte que ton… éveil… (encore que les deux termes ne soient pas aussi antithétiques qu’il y paraît au premier abord, surtout pour des penseurs non dualistes).
Pour moi la Femme est Forme. Je crois qu’elle illustre parfaitement la notion de Mâyâ. Comme la Mâyâ, elle exhorte les sens à se tourner vers l’extérieur. Mais, m’inscrivant dans une veine plus tantrique que védantique, c’est dans la contemplation de la Shakti dansante, dans une union sublimée avec elle, que la libération de l’âme s’effectue.
Subjugué, captivé, d’abord par le corps, l’oeil épouse ses lignes, jusqu’aux cheveux, où là, le Sens prend forme (!), dans la Ligne (El Khatt), et se révèle, plus par les lettres, leur forme, que dans le langage écrit, qu’elles seraient censées, en priorité, constituer.
Le fond dans la forme…
Voici donc, parmi quelques Arabesques, tout d’abord Persane

Dans ses cheveux, un extrait d’un poème de Safiou El Din El Hili (1277-1339)
Et voici Shakti

Dans ses cheveux ? des signes issus tant du sanskrit que du khatt ( ” l’art de la ligne “, la calligraphie arabe). Le sens ? épouse de l’oeil les courbes, les formes, les lignes, et, peut-être alors, tu le découvriras…
Le vieux Léon
Tout grisé de rosée dans l’embrun du matin
Enivré de beauté toi l’ancien baladin
Tu me rappelles l’arc-en-ciel
Si tu viens de bien loin pour trouver dans l’humain
L’étincelle d’irréel qui le lie aux merveilles
Le père Noël tu t’appelles
Et je crains que demain la bouteille à la main
Tu ne trouves divin que ton litre de vin
Dans la ruelle sans soleil
Ou sinon le destin qui s’amuse malin
T’as nommé séraphin pour montrer le chemin
Par ta ritournelle si belle
Et les vents zéphyriens et les courants marins
Vont porter ton refrain jusqu’aux pays lointains
Aux neiges éternelles au bleu ciel
En hommage à Brassens
Qui m’a fait aimer la poésie
Sur la musique du « testament »
Salut Blougoudou(te) !
Non, je ne suis pas mort (malheureusement, que tu dis, hein ?… Même pas.. Tu t’en fous ?! ” C’est bien légitime. ” comme dirait Mr Manattan).
Oui, je suis toujours là (apprends la grammaire niveau CM2 avec Yogi Tougoudou).
Alors pourquoi ce silence ? POURKOOAAAHHH ?!!!
(Bon, déjà qu’j'ai pas beaucoup de blougoudou, là j’crois qu’j'viens d’perdre ma dernière phalange d’irréductibles !)
Primo, raison technique : moi j’ai pas de scan ; ma soeur, réalisatrice-conceptrice du blog qui s’offre à ton regard hagard, en a un (c’est elle d’ailleurs - et je l’en remercie - qui se chargeait jusqu’à présent de répandre sur la toile mes gribouillages) mais elle croule sous le boulot. Donc dur, dur, pour le moment d’rajouter des illus’ et d’la BD.
Tiens, à ce propos, j’cherche un scan format A3. Blougoudou(te) si t’as un tuyau, tu m’dis quoi ?
Secundo, raison stratégique : en ce moment, j’suis à fond (à fond, à fond) dans mes gribouillages. Donc pas vraiment l’temps d’poster des billets.
Bon, si les motifs sus exposés te semblent bidons ou pas suffisamment satisfaisants, je te prie humblement de bien vouloir accepter mes plates et piètres excuses…
Cha va com’ cha ? Allez, j’te fait des gross’ baises, Blougoudou(te) et à bientôt !
L’éveil
La nuit s’achève
Le jour se lève
Sur un ciel
Sans soleil
Où le bleu est en grève
Rien que ce gris sans trêve
Après ma griserie brève
Et ces nuages qui crèvent
En écho à mes rêves
Dans ton œil
Qui étincelle
Une étoile a lui
Mon cœur a souri